# Chasse aux stops : on ne voit jamais les stops, voici ce que le carnet montre à la place

- Source: https://orderflowfutures.com/blog/chasse-aux-stops-order-flow
- Site: OrderFlowFutures (https://orderflowfutures.com)
- Auteur: Tom, Trader & fondateur d'OrderFlowFutures (https://orderflowfutures.com/a-propos#auteur)
- Publié le: 2026-09-21
- Mis à jour le: 2026-09-24
- Réutilisation: citation libre, avec attribution à OrderFlowFutures et un lien vers l'URL source.

> Un ordre stop n'est pas dans le carnet : la bourse le conserve et il devient un ordre agresseur en se déclenchant. Aucun outil ne voit donc les stops, et personne n'a besoin de les voir. Ce que le flux ordre par ordre montre vraiment pendant une chasse aux stops, pourquoi les stops sont toujours aux
Matinée sur le NQ. Le plus bas de la séance tient depuis quarante minutes, posé deux ticks au-dessus d'un chiffre rond. À 10:47, le prix le traverse. Sept ticks en dessous en moins d'une demi-seconde, 1 800 contrats vendus au marché dans la rafale, une bougie d'une minute avec une mèche qui semble sortie de nulle part. Soixante secondes plus tard, le prix est revenu au-dessus du plus bas, et il ne le reverra plus de la journée.

Deux lectures circulent pour cette scène, et elles sont aussi fausses l'une que l'autre. La première dit « manipulation » : les gros savaient où étaient les stops et sont allés les chercher. La seconde dit « cassure ratée » : les vendeurs ont essayé, ils ont échoué. La vérité est plus simple, plus mécanique, et beaucoup plus utile pour trader.

**Un ordre stop n'est pas dans le carnet. Il est conservé par le moteur de la bourse et n'existe pour le marché qu'au moment où il se déclenche, où il devient un ordre agresseur comme un autre. Aucun outil ne voit donc les stops, et personne n'a besoin de les voir : ils se regroupent aux mêmes endroits chez tout le monde, ce qui est mesuré. Ce que le carnet montre, c'est ce qui les entoure avant et ce qu'ils deviennent après : une rafale d'agression forcée, d'un seul côté, dans un carnet vide au-delà du niveau. La différence entre un stop run et une vraie cassure ne se lit pas dans la rafale, elle se lit dans ce qui la suit.**

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## 1. Un stop n'est pas un ordre au carnet

Commençons par le fait que presque tout le monde ignore, alors qu'il est écrit noir sur blanc dans la documentation de la bourse.

Sur CME Globex, un ordre stop, une fois accepté, ne va pas dans le carnet. La [formation officielle du CME](https://www.cmegroup.com/education/courses/things-to-know-before-trading-cme-futures/futures-order-types) le dit en une phrase : il doit être déclenché par une transaction dans le marché au niveau de prix soumis. Tant que ce prix ne s'échange pas, le stop est une instruction en attente dans le moteur d'appariement. Il n'a ni file, ni priorité, ni taille visible. Il n'existe pas pour les autres participants.

Le CME ne propose d'ailleurs pas de stop « au marché » pur. Les deux formes disponibles sont le stop limite, qui entre au carnet comme un ordre limite au prix indiqué une fois déclenché, et le stop avec protection, qui entre comme un ordre au marché borné par une fourchette de protection, pour éviter les exécutions à des prix aberrants. Chez Eurex, la [liste des types d'ordres](https://www.eurex.com/ex-en/trade/order-book-trading/order-types) est du même ordre : stop market et stop limit sur les futures, décrits comme l'émission automatique d'un ordre au marché ou limite quand un prix donné est atteint. Même logique : un stop est un ordre futur, pas un ordre présent.

La conséquence est brutale pour tout un pan du discours retail. La donnée ordre par ordre, le [MBO](/deepcharts) qui alimente une [heatmap](/lexique/heatmap) ou un [DOM](/lexique/dom), reconstitue le carnet à partir des ordres limites au repos. Les stops n'y sont pas, parce qu'ils ne sont nulle part où un flux de marché puisse les voir. Un « détecteur de stops » ne détecte pas des stops. Il détecte leurs conséquences. Ce n'est pas une faiblesse de l'outil, c'est la nature de l'objet, et savoir ça change ce que tu attends de ton écran.

Ce que le carnet montre, en revanche, c'est deux choses. Avant : la liquidité au repos qui borde le niveau, et surtout l'absence de liquidité au-delà. Après : ce que les stops sont devenus.

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## 2. Un stop déclenché devient un agresseur

Voilà la deuxième moitié de la mécanique, et elle est tout aussi documentée.

Quand le prix touche le niveau, le moteur déclenche le stop et l'envoie dans le carnet comme un ordre qui vient chercher la contrepartie. Le [wiki technique du CME](https://cmegroupclientsite.atlassian.net/wiki/spaces/EPICSANDBOX/pages/457414497/Order+Functionalities) le formule sans ambiguïté : une fois déclenché, un stop est traité comme un ordre limite agresseur, et les avis d'exécution reflètent ce comportement. Un stop vendeur devient une vente qui frappe le bid. Un stop acheteur devient un achat qui lève le ask.

Sur un [footprint](/lexique/footprint) construit sur le flux ordre par ordre, ça s'imprime donc exactement comme n'importe quelle agression : du volume attribué au côté agresseur, déclaré par la bourse. Rien ne distingue, au tick près, un contrat vendu au marché par décision et un contrat vendu au marché parce qu'un stop a sauté. Le moteur ne fait pas la différence, et le footprint non plus.

Ce qui distingue les deux, c'est la forme de la rafale. Une agression choisie a un rythme humain ou algorithmique : elle s'étale, elle teste, elle reprend. Une agression forcée arrive d'un bloc, parce que tous les stops posés au même endroit se déclenchent sur la même transaction, en cascade : le premier stop exécuté imprime le prix suivant, qui déclenche les stops posés un tick plus bas, et ainsi de suite. Trois signatures en découlent, toutes lisibles :

1. **D'un seul côté.** Sur la fenêtre de la rafale, la quasi-totalité du volume porte le même côté agresseur. Pas de combat, pas d'aller-retour : une file qui sort.
2. **En quelques centaines de millisecondes.** Le déclenchement est mécanique, la vitesse est celle du moteur, pas celle d'un trader. C'est pour cela que les détecteurs travaillent avec une fenêtre en millisecondes, on y revient plus bas.
3. **Dans le vide.** Au-delà d'un plus bas évident, presque personne n'a de limite d'achat au repos : les acheteurs attendent au niveau, pas en dessous. Le carnet est fin, chaque contrat vendu déplace le prix d'un tick ou plus. Beaucoup de résultat pour l'effort engagé, exactement le cas « peu d'effort, beaucoup de résultat » de l'article sur [l'effort et le résultat](/blog/effort-vs-resultat-order-flow), qui y est décrit comme un avertissement de fragilité. Ici la fragilité a une cause précise : l'effort n'a pas été décidé, il a été emprunté aux stops.

Cette dernière idée mérite qu'on s'y arrête, parce qu'elle contient toute la lecture qui suit. **Une rafale de stops est de l'effort emprunté.** Personne ne l'a voulu à cet instant, personne ne le renouvellera. Quand le dernier stop de la zone a été exécuté, la pression vendeuse s'arrête net, non pas parce que les vendeurs ont changé d'avis, mais parce qu'il n'y en avait pas. La question qui décide de tout n'est donc pas « combien de contrats sont sortis », c'est « qu'arrive-t-il quand ils ont fini de sortir ».

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## 3. Pourquoi les stops sont là où tout le monde les met

Reste l'objection habituelle : si personne ne voit les stops, comment les « gros » sauraient-ils où aller les chercher ?

Ils ne le savent pas. Ils n'en ont pas besoin, parce que la position des stops n'est pas un secret, c'est une statistique. Et cette statistique a été mesurée sur de vrais ordres, une seule fois à ma connaissance de façon publique, par Carol Osler dans [Stop-loss orders and price cascades in currency markets](https://www.newyorkfed.org/medialibrary/media/research/staff_reports/sr150.pdf), un travail diffusé d'abord comme rapport de la Federal Reserve Bank of New York, puis publié en 2005 dans le *Journal of International Money and Finance*. Son jeu de données : 9 655 ordres conditionnels reçus par un grand desk de change entre août 1999 et avril 2000, pour une valeur faciale de plus de 55 milliards de dollars, sur trois paires majeures.

Trois résultats, tous transposables :

- **Près de 10 % de tous ces ordres sont posés sur un taux se terminant par 00.** Le chiffre rond attire, sans aucune raison de marché.
- **Les stops de vente se regroupent juste sous les chiffres ronds, les stops d'achat juste au-dessus**, quand les prises de profit, elles, sont posées exactement sur le chiffre rond. L'asymétrie est le point clé : le niveau évident est protégé par des sorties, et débordé par des stops.
- **Le franchissement d'un chiffre rond prolonge le mouvement**, et la réponse aux stops est plus forte et plus durable que la réponse aux prises de profit : l'effet reste mesurable environ deux heures après le passage. C'est la cascade.

Ce sont des données de change, et elles ont un quart de siècle. Personne n'a publié l'équivalent sur les futures, parce que personne d'autre que la bourse et les brokers ne voit les stops. Mais le mécanisme n'a aucune raison d'avoir changé, et il ne dépend pas de l'instrument : les stops sont posés là où la logique du graphique dit de les poser, c'est-à-dire aux mêmes endroits pour tout le monde. Sous le plus bas du jour, au-dessus du plus haut de la veille, de part et d'autre du chiffre rond, à l'extérieur de la range d'ouverture.

Et c'est là que la « chasse » prend son vrai sens. Un intervenant qui doit acheter de la taille cherche une contrepartie. La contrepartie naturelle d'un gros acheteur, c'est un vendeur forcé. Où trouve-t-on des vendeurs forcés en quantité ? Sous le plus bas évident, là où les stops vendeurs vont se transformer en ventes au marché, c'est-à-dire en [liquidité](/lexique/liquidity) prise. Le prix n'est pas poussé là-bas pour « faire mal au retail », il est poussé là-bas parce que c'est l'endroit où la liquidité dont l'acheteur a besoin va apparaître. La chasse aux stops n'est pas un complot, c'est une recherche de contrepartie, et une fois qu'on l'a compris on cesse d'en vouloir au marché et on commence à le lire, ce qui est tout le programme du [guide de l'order flow](/order-flow).

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## 4. Stop run ou vraie cassure : trois questions, pas une impression

Une vraie cassure et une chasse aux stops commencent exactement pareil. Même niveau, même rafale, même mèche pendant la première seconde. Toute méthode qui prétend distinguer le [stop run](/lexique/stoprun) de la cassure à l'instant du franchissement se trompe une fois sur deux, ce qui est la définition d'une méthode qui n'existe pas.

La différence se lit à trois moments, avec trois questions dont chacune a une réponse observable.

**Avant : l'agression qui a amené le prix au niveau était-elle choisie ?** Une cassure sérieuse arrive avec un flux vendeur qui s'installe : le [delta](/lexique/delta) se dégrade sur plusieurs minutes, les tentatives de rebond sont vendues, le niveau est attaqué plusieurs fois avant de céder. Un stop run typique arrive au contraire sur un marché qui dérive vers le niveau sans conviction, parfois poussé par un mur affiché puis retiré. Si la seule agression franche de la séquence est la rafale elle-même, l'effort est emprunté, pas décidé.

**Pendant : qu'est-ce qui attendait au-delà ?** C'est la question à laquelle seule la [heatmap de liquidité](/blog/lire-heatmap-liquidite) répond, et elle y répond avant l'événement. S'il n'y avait presque rien au repos sous le niveau, la rafale glisse dans du vide et le prix va loin pour peu de volume : l'excursion est spectaculaire et ne prouve rien. S'il y avait au contraire de la taille au repos quelques ticks plus bas, la rafale va la frapper, et la façon dont cette taille réagit décide de la suite. Si elle encaisse et se recharge, c'est de l'[absorption](/lexique/absorption), souvent nourrie par de la taille cachée du type décrit dans l'article sur les [ordres iceberg](/blog/detecter-ordres-iceberg) : le sweep vient de trouver son acheteur, et c'est un stop run. Si elle est consommée sans se recharger, le chemin est ouvert.

**Après : que se passe-t-il quand la rafale s'arrête ?** C'est la question décisive, et c'est celle que tout le monde saute parce qu'elle demande d'attendre. Les stops sont sortis, l'effort emprunté est épuisé. Deux issues seulement. Ou bien de l'agression choisie prend le relais, de nouvelles ventes au marché arrivent à un rythme humain, le prix accepte sous le niveau et le carnet se reconstruit en dessous : c'est une cassure, et la rafale n'était que son premier étage. Ou bien plus rien ne vend, le delta bascule dans l'autre sens sur les secondes qui suivent, et le prix remonte dans la range : c'était un stop run, et l'acheteur qui a récupéré la liquidité est maintenant en position.

Le tableau qui résume, à garder près de l'écran :

| Ce que tu regardes | Stop run | Vraie cassure |
|---|---|---|
| L'agression avant le niveau | dérive sans conviction, delta plat | attaque répétée, delta qui se dégrade |
| La liquidité au repos au-delà | fine, ou grosse et qui absorbe | consommée, sans rechargement |
| La rafale elle-même | identique dans les deux cas | identique dans les deux cas |
| Les secondes après la rafale | plus aucune agression, delta qui bascule | agression choisie qui prend le relais |
| Le prix une minute plus tard | de retour dans la range | accepté au-delà, carnet reconstruit dessous |

La ligne du milieu est la plus importante du tableau. Elle dit que le moment où tout le monde agit est précisément le seul moment où l'information n'existe pas encore.

Il en découle une règle avec une condition d'invalidation, donc une règle qui se compte. **Le stop run se trade au retour du prix dans le niveau, jamais sur la mèche, avec un stop de l'autre côté de l'excursion.** Si l'agression choisie reprend et que le prix accepte au-delà, la lecture était fausse, on sort, et le coût est connu d'avance. Si tu n'as pas envie d'attendre ce retour, tu n'as pas une lecture, tu as un pari sur une mèche.

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## 5. Quand la bourse elle-même arrête la cascade

Il existe une preuve institutionnelle que tout ce qui précède n'est pas une théorie de trader : la bourse a construit un mécanisme spécialement contre les cascades de stops, et elle l'a raconté au Congrès américain.

Le CME appelle ça la *Stop Logic Functionality*. Son principe, dans les termes du [témoignage de Terrence Duffy, président exécutif du CME Group, devant le Congrès américain](https://www.cmegroup.com/media-room/speeches-and-comment-letters/2007-2016/Duffy052010Testimony051910.pdf) en mai 2010 : si des stops déclenchés devaient produire des exécutions au-delà de seuils prédéfinis, le marché entre automatiquement dans un bref état réservé, entre 5 et 10 secondes, pendant lequel plus aucun ordre n'est apparié mais où les ordres limites peuvent être saisis, modifiés ou annulés. Pour l'E-mini S&P, les paramètres cités à l'époque étaient 6 points d'indice et 5 secondes.

Le 6 mai 2010, jour du flash crash, ce mécanisme s'est déclenché à 13:45:28, heure de Chicago, quand une cascade de stops a fait passer l'ES de 1062 à 1056. Cinq secondes de pause. Le marché est ressorti de l'état réservé à 1056,75 et, dans les mots du témoignage, a rebondi fortement dans la foulée. Le CME a conclu que le dispositif avait rempli son rôle : donner aux participants l'occasion d'apporter de la liquidité, et permettre au marché de retrouver son équilibre.

Lis cette séquence avec la grille de la section précédente. Une rafale d'agression forcée, dans un carnet devenu vide, jusqu'à ce que quelque chose l'interrompe. Puis, dès que la pression mécanique cesse, l'absence de vendeurs choisis et le retour du prix. Le plus grand stop run de l'histoire des futures indiciels a exactement la structure de celui de ton NQ à 10:47, avec la bourse dans le rôle de l'acheteur passif qui encaisse la fin de la rafale. Le CME a depuis complété ce dispositif avec la [Velocity Logic](https://cmegroupclientsite.atlassian.net/wiki/spaces/EPICSANDBOX/pages/457218368/Velocity+Logic), qui réagit au nombre de ticks parcourus dans un temps donné, quelle qu'en soit la cause. Les seuils ont pu évoluer depuis 2010 ; la logique, non.

Retiens surtout ceci : un trou de quelques secondes dans le ruban, sur un mouvement vertical, n'est pas un bug de flux. C'est la bourse qui vient de te dire qu'une cascade de stops était en cours.

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## 6. Ce que DeepCharts en fait

L'écosystème traite les trois moments séparément, ce qui est cohérent avec la méthode.

Pour le moment « pendant », l'outil dédié est le [Stop Run de DeepDom](/deepcharts/stop-run-detection). D'après la documentation de l'éditeur, il marque sur le graphique l'instant où un grand nombre d'ordres stop ont été déclenchés, en texte, en losange ou en carré, avec le nombre de contrats concernés et une couleur par côté. Ses quatre réglages sont exactement les signatures de la section 2 : *Minimum Tick*, le nombre de ticks que le prix doit parcourir sous l'effet des déclenchements pour que l'événement compte ; *Max MS*, la vitesse à laquelle les stops doivent se déclencher pour former un seul événement ; *Min. Stop Run Vol*, le volume minimal ; et *Maximum Ord Num*, le nombre maximal d'ordres examinés pendant la rafale. Autrement dit, l'outil compte une rafale d'agression rapide, d'un côté, qui déplace le prix. Il ne voit pas les stops, il voit ce qu'ils deviennent, et c'est ce qu'il faut lui demander.

Pour le moment « avant », la [heatmap](/deepcharts/heatmap-liquidite) montre ce qui attend au-delà du niveau, et [Deep Wall](/deepcharts/deep-wall) isole les tailles au repos qui comptent. Pour le moment « après », l'[Iceberg Detector](/deepcharts/iceberg-detector) dit si la rafale a trouvé un acheteur caché, [Deep Delta](/deepcharts/deep-delta) montre la bascule du solde sur les secondes qui suivent, et [Deep V-Tracker](/deepcharts/deep-v-tracker) marque explicitement les points d'épuisement où les agresseurs vident leurs ordres, ce qui est la définition même de la fin d'une rafale de stops.

Deux choses à savoir avant de cliquer. Le Stop Run est un module de DeepDom, le carnet MBO de DeepCharts, qui se prend seul avec sa propre licence : tu n'as pas besoin de la plateforme complète pour lire les sweeps. Et il n'existe pas de version macOS native : sur Mac, ça tourne dans Parallels Desktop, la configuration que la communauté utilise. Les tarifs à jour sont sur [la page des prix](/deepcharts-code-promo), relus à date.

**[Activer DeepDom →](/go/deepcharts?p=deepdom&from=blog-stop-run)** : notre lien partenaire applique la meilleure remise en cours chez DeepCharts, automatiquement, sans code à saisir.

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## 7. Le cas concret, repris de l'introduction

Reprenons le NQ de 10:47 avec les trois questions.

**Avant.** Sur les vingt minutes qui précèdent, le prix descend vers le plus bas par petites bougies, le delta cumulé est plat, aucune rafale vendeuse avant le niveau. Une limite de vente de 400 contrats apparaît trois ticks au-dessus du plus bas à 10:44, disparaît à 10:46 sans avoir été frappée. L'agression qui amène le prix au niveau n'est pas choisie. Première case cochée pour le stop run.

**Pendant.** La heatmap montrait, sous le plus bas, quatre niveaux presque vides puis une bande de 600 contrats au repos, sept ticks plus bas, posée depuis l'ouverture. La rafale part : 1 800 contrats vendus au marché en 400 millisecondes, tous côté bid agresseur, et le prix va exactement jusqu'à cette bande. Là, la taille au repos encaisse. Elle est frappée pour 350 contrats, retombe à 250 affichés, remonte à 600. Rechargement au même prix. La rafale a trouvé son acheteur.

**Après.** Sur les dix secondes suivantes, presque aucune vente au marché. Le delta d'une minute passe de moins 1 800 à moins 900 : des achats au marché arrivent, à un rythme humain, ceux des intervenants qui ont récupéré la liquidité et complètent maintenant leur position. Le prix repasse au-dessus du plus bas à 10:48. Le niveau n'a pas été cassé, il a été utilisé.

**La règle.** Entrée à l'achat au retour du prix au-dessus du plus bas, stop deux ticks sous le point bas de la mèche, condition d'invalidation explicite : si des ventes choisies reprennent et que le prix accepte à nouveau sous le niveau, la lecture était fausse. Le ratio rendement sur risque est bon parce que le stop est court, et il est court parce que l'excursion a déjà eu lieu. C'est la seule raison pour laquelle on trade le retour et jamais la mèche.

Dans cette scène, aucun outil n'a vu un stop. On a vu un carnet vide, une rafale forcée, un acheteur passif qui se recharge, et l'absence de relais. C'est tout ce qu'il y a à voir, et c'est suffisant.

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## Questions fréquentes

**Peut-on voir les ordres stop dans le carnet d'ordres ?**
Non. Sur CME Globex comme sur Eurex, un ordre stop est conservé par le moteur de la bourse et n'entre au carnet qu'une fois déclenché par une transaction au prix stop. La donnée ordre par ordre (MBO) reconstitue les ordres limites au repos, jamais les stops. Un outil de détection de stop runs ne voit donc pas les stops, il voit leurs conséquences : une rafale rapide d'agression d'un seul côté qui déplace le prix.

**Que devient un stop une fois déclenché ?**
Il devient un ordre agresseur. Le CME précise qu'une fois déclenché, un stop est traité comme un ordre limite agresseur, et ses avis d'exécution le reflètent. Un stop vendeur frappe le bid comme n'importe quelle vente au marché ; sur un footprint, rien ne le distingue d'une vente décidée. La différence se lit dans la forme de la rafale : d'un seul côté, en quelques centaines de millisecondes, dans un carnet vide au-delà du niveau.

**Pourquoi les stops se regroupent-ils autour des chiffres ronds ?**
Parce que tout le monde les pose aux mêmes endroits logiques. La seule étude publiée sur de vrais ordres, celle de Carol Osler sur 9 655 ordres d'un desk de change entre 1999 et 2000, mesure que près de 10 % des ordres conditionnels sont posés sur un taux se terminant par 00, que les stops de vente se regroupent juste sous les chiffres ronds et les stops d'achat juste au-dessus, et que le franchissement d'un chiffre rond prolonge le mouvement pendant environ deux heures.

**Liquidity sweep et stop run, est-ce la même chose ?**
C'est le même phénomène sous deux vocabulaires. « Liquidity sweep » ou « liquidity grab » décrit le trajet du prix : une excursion au-delà d'un niveau évident suivie d'un retour. « Stop run » nomme le mécanisme : les stops posés au-delà du niveau se déclenchent et deviennent des ordres au marché. En order flow, ce qui se mesure est le mécanisme : une rafale d'agression forcée, d'un seul côté, dans un carnet fin, puis l'absence de relais.

**Que fait le CME quand les stops s'enchaînent en cascade ?**
Il met le marché en pause. La Stop Logic Functionality de CME Globex place l'instrument dans un état réservé de 5 à 10 secondes si des stops déclenchés devaient produire des exécutions au-delà de seuils prédéfinis ; pendant la pause, aucun ordre n'est apparié mais les ordres limites peuvent être saisis, modifiés ou annulés. Le 6 mai 2010, le dispositif s'est déclenché à 13:45:28 sur l'E-mini S&P, après une cascade de 1062 à 1056, pour cinq secondes.

**Comment ne pas se faire sortir par un stop run ?**
En ne posant pas son stop là où les autres posent le leur. Le stop se place au-delà de la zone évidente, pas juste dessus, avec assez d'air pour qu'une excursion de quelques ticks ne le déclenche pas. Et si le scénario est précisément le stop run, on n'entre pas sur la cassure mais au retour du prix dans le niveau, avec un stop de l'autre côté de l'excursion : le risque est court parce que l'excursion a déjà eu lieu.
